Une Femme se déplace

Texte et mise en scène David Lescot

 

 

 

avec Candice Bouchet, Elise Caron, Pauline Collin, Ludmilla Dabo, Marie Desgranges, Matthias Girbig, Alix Kuentz , Emma Liégeois, Yannick Morzelle, Antoine Sarrazin,  Jacques Verzier

Anthony Capelli : batterie
Fabien Moryoussef : claviers
Philippe Thibault : basse
Ronan Yvon : guitare

Chorégraphie : Glyslein Lefever, assistée de Rafael Linares Torres
Direction musicale : Anthony Capelli
Collaboration artistique : Linda Blanchet
Scénographie : Alwyne de Dardel
Costumes : Mariane Delayre
Lumières : Paul Beaureilles
Son : Alex Borgia
Régie générale : Pierre-Yves Leborgne
Accessoires : Gala Ognibene
Habilleuse : Lise Crétiaux
assistant stagiaire à la mise en scène : Aurélien Hamard Padis
Production : Véronique Felenbok et Marion Arteil
Diffusion : Carol Ghionda
Presse : Olivier Saksik – Elektronlibre
Photo : Christophe Raynaud de Lage

Production Compagnie du Kaïros

Coproduction : La Filature – SN de Mulhouse, Théâtre de la Ville – Paris, Printemps des Comédiens, Théâtre de Villefranche-sur-Saône, Scène Nationale de Sète. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et avec le soutien de L’ENSAD LR (Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier). Avec l’aide de la SPEDIDAM et de l’ADAMI.
David Lescot est artiste associé au Théâtre de la Ville-Paris, à la Filature – scène nationale de Mulhouse et au Théâtre de Villefranche-sur-Saône.

 

  • Au Printemps des Comédiens – Théâtre des 13 vents, les 14, 15, 16 juin 2019
  • A la Filature, scène nationale de Mulhouse, les 20 et 21 septembre 2019
  • Au Théâtre de Villefranche, les 3 et 4 décembre 2019
  • Au Théâtre de la Ville, Paris – Abbesses, du 11 au 21 décembre 2019
  • Au Théâtre Molière de Sète, scène nationale de l’archipel de Thau, les 27 et 28 février 2020

Revue de presse

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Voilà quelque temps déjà que j’ai dans l’idée d’écrire pour la scène un portrait de femme, à l’échelle d’une vie.

            Une Femme se déplace est l’histoire extraordinaire d’une femme d’aujourd’hui, détentrice de tous les attributs de la vie bourgeoise (mari, enfants, foyer, travail, confort, vie douce, etc.) que l’on appelle communément « le bonheur ». Cette femme, confrontée à une série de catastrophes impromptues, se découvre un pouvoir surnaturel : celui de voyager dans le temps de sa propre vie, de circuler au fil de son histoire, vers son passé, où elle reprend sa place d’enfant, mais aussi vers son avenir, qu’elle peut rejoindre sur le mode d’une avance rapide, c’est-à-dire sans vivre tous les moments qui l’en séparent. Après avoir éprouvé les potentialités et les implications existentielles, logiques et philosophiques de cette nouvelle aptitude, elle décide de l’utiliser afin de réformer son existence, d’expérimenter sur elle-même des modes d’organisation qui s’éloignent des systèmes canoniques, et notamment du modèle conjugal traditionnel.

Dans Une Femme se déplace, la musique, le chant et la danse tiennent une part essentielle, comme autant de moyens de raconter autrement ce qui pourrait relever d’un réalisme social contemporain.

Or ces thèmes, ceux de la vie d’aujourd’hui, je voudrais les donner une représentation poétique, fantaisiste, stylisée. À mesure que le personnage de Georgia voyage dans sa propre histoire, s’ouvre le champ de son émotion, de son imagination, de son intériorité. La musique et la danse traduisent alors ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent, elles sont les moyens de faire sentir que c’est à travers sa perception que nous parviennent les éléments du récit.

J’ai toujours cru que le théâtre le plus léger et le plus drôle pouvait receler des trésors de profondeur, une acuité insoupçonnée dans l’analyse des relations humaines, une vérité sur nos désirs, nos folies, nos abîmes. Lorsque s’achève une pièce de Marivaux ou un opéra de Mozart, ce n’est pas l’ordre finalement retrouvé qui fait sens, c’est le souffle dévastateur qui a un instant tout déréglé, et révélé les pulsions les plus inavouables, les plus scandaleuses, et les plus vraies.

« Une femme se déplace », ce sera cela : le récit d’une épiphanie féminine, au mépris de toutes les conventions. Et le chant et la danse accompagneront le chemin de cette révélation comme une ouverture, comme un printemps.

David Lescot